C’batch, "I Guess You Want It This Way" : une mélodie de 26 ans sort enfin du coffre
À propos de C’batch
Stephen H. Cumberbatch, connu professionnellement sous le nom de C’batch, est un compositeur, producteur, guitariste et artiste indépendant basé à White Plains, dans l’État de New York. Membre de longue date de l’ASCAP, il travaille également dans la programmation de claviers, synthétiseurs et samplers. Son parcours couvre le R&B, la soul, la dance, le funk, le reggae, le jazz et les musiques cinématographiques.
En 1984, C’batch et son épouse Yvette ont fondé Stevette Music, Inc., leur société indépendante d’édition, de production et de disque. En 2026, il ouvre progressivement ses archives musicales avec The Vault, une série qui rassemble des compositions et idées issues de plusieurs décennies de création. I Guess You Want It This Way poursuit cette démarche avec une chanson commencée environ vingt-six ans auparavant, aujourd’hui achevée et présentée sous six interprétations.

Certaines chansons arrivent au monde rapidement. D’autres attendent leur heure. Avec "I Guess You Want It This Way", C’batch ouvre une nouvelle porte de The Vault, sa série consacrée aux compositions, enregistrements et idées musicales accumulés au fil des décennies. Sorti en 2026 chez Stevette Music, Inc., cet EP de six titres possède une particularité qui dépasse largement son format : sa composition centrale a attendu environ vingt-six ans avant de trouver sa forme définitive. À travers six interprétations distinctes, C’batch transforme donc une ancienne idée restée en suspens en un nouveau chapitre de son parcours artistique, reliant son histoire dans le R&B, la soul, le funk, la dance et le reggae à une approche de production contemporaine.
À l’origine de "I Guess You Want It This Way", il y a une histoire aussi simple qu’évocatrice. Pendant des années, Yvette, l’épouse jamaïcaine de C’batch, l’encourage à écrire une chanson reggae. L’idée finit par prendre forme, suffisamment pour laisser derrière elle un hook, une harmonie et une mélodie de couplet qui refusent de disparaître. Pourtant, la chanson reste inachevée dans ses archives. C’est précisément ce détail qui donne au projet une dimension particulière : il ne s’agit pas de déterrer une composition oubliée pour la présenter telle quelle, mais de reprendre une conversation musicale interrompue depuis près de trois décennies. En 2026, C’batch revient à cette matière ancienne, complète les paroles et lui permet enfin d’exister sous plusieurs formes.
Cette approche correspond parfaitement à l’esprit de The Vault. Depuis le lancement de cette série, C’batch revisite une histoire musicale qui traverse plusieurs décennies et plusieurs univers, sans chercher à enfermer son catalogue dans une seule esthétique. Son parcours remonte notamment à la scène dance new-yorkaise du début des années 1980, période durant laquelle il a signé ou publié des compositions telles que « I Need You Now » de Sinnamon, « Let Me Do You » de NV, « Playgirls » de Kreamsicle ou « Geisha Love » d’Eleanore Mills. « I Need You Now », avec Bernard Fowler, est notamment devenu un enregistrement de club durable et a par la suite été largement samplé dans les musiques électroniques et dance. « Let Me Do You », avec Will Downing, s’est également inscrit dans cette époque des clubs new-yorkais, avec un mix remarqué de Shep Pettibone. Ces références ne définissent pas à elles seules le nouvel EP, mais elles permettent de comprendre pourquoi un morceau initialement pensé autour du reggae peut naturellement trouver sa place dans un catalogue aussi éclectique.
Le reggae occupe ici une place essentielle, notamment à travers l’origine de la chanson et son lien avec Yvette. Mais l’intérêt du projet réside justement dans sa capacité à ne pas réduire cette influence à une simple étiquette. C’batch est compositeur, producteur, guitariste, mais aussi programmateur de claviers, synthétiseurs et samplers, avec un parcours qui traverse le R&B, la soul, la dance, le funk, le reggae, le jazz et les musiques cinématographiques. "I Guess You Want It This Way" s’inscrit ainsi dans une trajectoire où les frontières entre les genres restent volontairement poreuses. Les six interprétations permettent de considérer une même composition depuis plusieurs perspectives, faisant de l’EP une exploration de la manière dont une idée musicale peut évoluer lorsqu’elle est sortie de son contexte d’origine et réinterprétée des années plus tard.
La dédicace à Ernest Ranglin apporte également une profondeur historique et personnelle au projet. C’batch a eu l’occasion de rencontrer le légendaire guitariste jamaïcain à l’aéroport d’Heathrow en 2001, une rencontre qui reste suffisamment marquante pour devenir le point de référence d’un EP consacré à une composition profondément liée au reggae. Cette dédicace crée un pont entre la mémoire personnelle de C’batch et une figure majeure de la musique jamaïcaine. Elle rappelle aussi que les influences musicales ne se transmettent pas uniquement par les disques ou les styles : elles peuvent être liées à des rencontres, à des moments précis et à des souvenirs qui continuent de résonner longtemps après.
La structure en six titres est particulièrement importante pour comprendre le projet. Les versions de "I Guess You Want It This Way" ne représentent pas simplement différentes copies d’une même chanson : elles matérialisent le principe même de The Vault, celui d’une création qui peut être revisitée, réinterprétée et replacée dans un nouveau contexte. La chanson originale possède déjà une histoire inhabituelle — une idée née à la fin des années 1990, conservée pendant environ vingt-six ans, puis achevée en 2026 — et ses différentes interprétations prolongent cette histoire. L’EP devient ainsi moins un objet nostalgique qu’un exercice de continuité artistique. C’batch ne cherche pas à reproduire le passé à l’identique ; il permet à une ancienne composition de rencontrer le présent.
Cette manière de travailler prend encore plus de sens lorsque l’on considère la longévité de Stevette Music, Inc., fondée en 1984 par Stephen et Yvette. Quatre décennies plus tard, la structure demeure le foyer indépendant de son catalogue et de son activité créative. The Vault peut alors être envisagé comme une forme d’archive vivante : un espace où les morceaux ne sont pas nécessairement considérés comme des œuvres appartenant définitivement à une époque donnée. Certains peuvent attendre des années avant de trouver leur contexte, leur production ou simplement leur moment. "I Guess You Want It This Way" en est probablement l’un des exemples les plus parlants, puisqu’une composition née d’une demande personnelle et d’une inspiration reggae finit par devenir la matière d’un EP publié en 2026.
Ce projet témoigne aussi d’une relation très particulière de C’batch avec le temps. Après avoir construit une carrière autour de différents courants de la musique populaire, il pourrait être tentant de considérer ses archives comme un simple catalogue historique. Or I Guess You Want It This Way suggère une autre perspective : une chanson ancienne peut encore avoir quelque chose à dire lorsqu’elle est replacée dans une nouvelle période créative. Le morceau n’est pas présenté comme une relique. Il devient au contraire une œuvre achevée, retravaillée et proposée sous plusieurs formes. Cette démarche donne au concept de The Vault une dimension presque conversationnelle : le C’batch d’hier laisse une idée au C’batch d’aujourd’hui, qui lui répond finalement vingt-six ans plus tard.
Le contexte plus large de 2026 renforce cette impression de continuité. C’batch utilise cette période pour ouvrir progressivement ses archives et associer des compositions inédites ou longtemps conservées à une production et à une narration visuelle contemporaines. Son parcours récent comprend notamment le projet vidéo « Next Time (I Won’t Be Falling/You’ve Got Me Falling) », qui a reçu une mention honorable dans la catégorie Best Pop Music Video aux International Music Video Awards. Ces nouveaux projets montrent un artiste qui ne considère pas son passé comme une destination finale, mais comme une matière encore exploitable. "I Guess You Want It This Way" s’inscrit exactement dans cette logique.
Ce qui rend finalement l’EP intéressant, c’est moins la simple durée de gestation de sa chanson centrale que ce qu’elle révèle sur la création artistique. Une mélodie peut survivre à son époque, à son contexte initial et même à l’intention qui l’a fait naître. Elle peut rester quelque part dans une archive jusqu’à ce qu’un moment particulier permette de la reprendre. Pour C’batch, ce moment arrive en 2026. La demande d’Yvette, le lien avec la Jamaïque, la rencontre avec Ernest Ranglin et les décennies d’expérience musicale de C’batch convergent alors dans un même projet. "I Guess You Want It This Way" devient ainsi une rencontre entre mémoire et présent, entre écriture ancienne et production nouvelle.
Avec ce nouvel épisode de The Vault, C’batch ne se contente donc pas de ressortir une composition de ses archives. Il lui redonne une trajectoire. "I Guess You Want It This Way" était autrefois une idée inachevée dont le hook, l’harmonie et la mélodie avaient survécu au temps ; en 2026, elle devient le centre d’un EP de six interprétations et d’une nouvelle étape dans une carrière construite sur la curiosité musicale et le mélange des influences. À travers le reggae, la soul, le R&B et les différentes facettes de son parcours, C’batch montre surtout que certaines chansons ne disparaissent jamais vraiment. Elles attendent simplement qu’on leur ouvre la porte. Ici, cette porte s’appelle The Vault.
Écrit par Ryann



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