Entre deuil, mémoire et espoir : Garrett Anthony Rice révèle toute son intimité avec "Going Up (to see him)"
- Ryann
- il y a 11 minutes
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À propos de Garrett Anthony Rice
Garrett Anthony Rice est un auteur-compositeur et artiste solo originaire du comté de Dublin, installé depuis vingt ans à Greystones, dans le comté de Wicklow. Il publie son premier album, Reflections Part II, the very best of……, sous le pseudonyme (i) CONSULT en octobre 2023. Le disque est diffusé dans 93 pays et attire l’attention du producteur Chris Potter.
Rice développe ensuite EQUINOX, un ambitieux double album de 18 titres élaboré à partir de 30 démos et enregistré en 2024 entre Londres, Bournemouth et Dublin. Le projet explore des thèmes aussi variés que la famille, le deuil, l’héritage musical et l’injustice historique. « Going Up (to see him) », publié le 24 août 2026, en est le premier single et constitue l’une des déclarations les plus personnelles de Rice à ce jour.

Avec "Going Up (to see him)", Garrett Anthony Rice signe un morceau profondément personnel, construit autour d’une douleur restée longtemps silencieuse. Sorti le 24 août 2026 comme premier single de son ambitieux double album de 18 titres, EQUINOX, le titre revient sur la disparition tragique du meilleur ami de Rice, décédé par suicide à l’âge de 21 ans à Dublin au début des années 1990. Plutôt que de considérer cette perte comme un simple souvenir du passé, Rice l’aborde comme une présence qui a continué de l’accompagner au fil des décennies. La force émotionnelle du morceau ne tient donc pas uniquement à son sujet, mais aussi à cette impression de parole longtemps retenue qui trouve enfin sa forme musicale.
Le titre a pris forme pendant les sessions d’enregistrement de EQUINOX en 2024, entre les Kore Studios de Londres, le studio personnel de Chris Potter à Bournemouth et les Darklands Studio de Dublin. Ce parcours entre l’Irlande et l’Angleterre accompagne symboliquement le mouvement du morceau : un souvenir intime qui quitte progressivement le silence pour entrer dans le présent. Après avoir porté ce deuil pendant des années, Rice trouve enfin dans cet album un espace pour l’exprimer.
Musicalement, "Going Up (to see him)" repose sur une association de piano, batterie, basse et voix chorales. Tim Will intervient au piano, Geoff Dugmore à la batterie et Chris Webb à la basse, tandis que le Dublin African Gospel Choir apporte au morceau une dimension vocale ample et saisissante.
Cette combinaison est essentielle à l’identité du titre. Une chanson consacrée à la disparition d’un être proche aurait pu rester enfermée dans une approche extrêmement solitaire et introspective. Rice choisit au contraire d’élargir progressivement son espace émotionnel. Le piano apporte l’intimité nécessaire au récit, tandis que la section rythmique lui donne une véritable sensation de mouvement. Puis les voix du Dublin African Gospel Choir ouvrent la chanson vers quelque chose de plus collectif.
C’est précisément ce contraste entre intimité et ampleur qui donne au morceau son intérêt. La douleur racontée est personnelle, mais la musique semble refuser de la laisser enfermée dans la solitude. Les voix chorales introduisent une forme de communion, comme si le souvenir d’une personne disparue pouvait également devenir une expérience partagée.
Le piano de Tim Will occupe une place particulièrement pertinente dans cette architecture musicale. Par sa nature même, le piano peut créer une proximité presque conversationnelle, et il constitue ici un point d’ancrage naturel pour un morceau consacré à la mémoire et à l’absence. La basse et la batterie de Chris Webb et Geoff Dugmore apportent quant à elles une assise qui empêche la composition de se réduire à une simple méditation. Le morceau avance, comme doit avancer une personne qui tente de vivre avec une perte ancienne.
Cette notion de mouvement est importante. Rice ne cherche pas à reproduire le Dublin du début des années 1990 ni à enfermer son ami dans les circonstances de sa mort. Il transforme plutôt une mémoire douloureuse en un acte de création contemporain. Plusieurs décennies après le drame, la chanson devient un lieu où ce qui n’avait pas encore été exprimé peut enfin être confronté et partagé.
L’intention émotionnelle du morceau dépasse d’ailleurs le cadre autobiographique. Rice souhaite que "Going Up (to see him)" puisse apporter du réconfort et de l’espoir à celles et ceux qui ont eux-mêmes connu une perte comparable. Cette volonté donne au titre une portée particulière. L’histoire commence avec une amitié précise et une tragédie personnelle, mais elle s’adresse finalement à tous ceux qui ont dû apprendre à vivre avec l’absence d’une personne aimée. Au cœur de cette démarche se trouve l’idée que les êtres chers restent toujours accessibles et présents d’une certaine manière. Qu’on l’interprète à travers la spiritualité, le souvenir ou la continuité émotionnelle d’une relation, cette idée donne au morceau une perspective différente sur le deuil. La disparition ne peut évidemment pas être annulée, mais le lien affectif ne disparaît pas nécessairement avec elle.
La présence du Dublin African Gospel Choir prend alors tout son sens. Le gospel est historiquement associé à l’expression collective, à la consolation et à la recherche d’espoir au milieu de la souffrance. Rice n’a pas besoin de transformer "Going Up (to see him)" en hymne religieux pour que cette dimension soit perceptible. Les voix du chœur élargissent simplement le langage émotionnel du morceau et permettent à une histoire individuelle de prendre une dimension plus universelle.
Le titre s’inscrit également dans une démarche artistique plus large. Originaire du comté de Dublin et installé depuis vingt ans à Greystones, dans le comté de Wicklow, Garrett Anthony Rice a publié son premier album sous le pseudonyme (i) CONSULT en octobre 2023. Intitulé Reflections Part II, the very best of……, le disque a été diffusé dans 93 pays et a attiré l’attention du producteur Chris Potter, dont le parcours comprend notamment des collaborations associées aux Rolling Stones, Paul McCartney, U2 et The Verve/Richard Ashcroft.
Cette rencontre a contribué à ouvrir la voie vers EQUINOX. Rice est parti d’une sélection de 30 démos, dont 18 ont finalement été retenues pour constituer ce double album. La diversité des morceaux déjà présentés permet de mesurer l’ampleur de son univers. « My Sons », publié en février 2025, a été écrit pour Peggy Gallagher, la mère de Liam et Noel Gallagher. « Property (An Ode To Roger Syd Barrett, a genius, 1946-infinity) » s’intéresse quant à lui à l’héritage de Syd Barrett, tandis que « The Coastal Walls (the shame of everyone) », sorti en mai 2026, aborde l’histoire de la traite esclavagiste américaine.
Ces thèmes sont extrêmement différents, mais leur diversité permet de mieux comprendre "Going Up (to see him)". Rice ne semble pas vouloir inscrire son écriture dans une seule catégorie thématique. Les relations familiales, la mémoire musicale, l’injustice historique et le deuil personnel occupent tous une place dans EQUINOX. Le nouveau single est peut-être le plus intime de ces chapitres, puisqu’il puise directement dans l’histoire personnelle de l’artiste, mais il participe à la même volonté : utiliser l’écriture pour explorer des personnes, des événements et des idées dont l’impact dépasse le moment où ils se sont produits.
Le choix de "Going Up (to see him)" comme morceau d’ouverture de l’ère EQUINOX est donc particulièrement révélateur. Un double album de 18 titres constitue déjà une entreprise considérable, surtout pour un artiste solo qui n’en est qu’à son deuxième album. Pourtant, Rice choisit de présenter ce vaste projet à travers une chanson fondée sur la vulnérabilité plutôt que sur la démonstration.
Il y a également quelque chose de profondément singulier dans le temps qui sépare l’événement de son expression artistique. Rice n’écrit pas depuis le choc immédiat du deuil. Il écrit après des décennies de vie avec cette absence. Le morceau ne parle donc pas seulement d’une mort, mais de la manière dont une disparition continue de changer de forme avec le temps. Le chagrin peut être silencieux pendant des années, puis trouver soudainement une voix.
C’est probablement là que "Going Up (to see him)" possède son potentiel de connexion le plus fort avec le public. Son histoire est extrêmement précise, mais les émotions qu’elle met en jeu sont universelles : l’amitié, l’absence brutale, le souvenir, le regret et le besoin de préserver une forme de relation avec quelqu’un qui n’est plus physiquement là. L’intention de Rice d’apporter du réconfort à d’autres personnes confrontées au deuil donne ainsi au morceau une fonction qui dépasse largement la simple confession personnelle.
Un tel sujet comporte naturellement un risque : celui de laisser l’émotion prendre le dessus sur la composition. Or, dans le cadre présenté par Rice, l’arrangement semble justement destiné à donner de l’espace à cette émotion plutôt qu’à la surcharger. Le piano, la section rythmique et surtout les voix du chœur créent un environnement musical suffisamment vaste pour que l’histoire puisse respirer. L’objectif n’est pas seulement de provoquer la tristesse, mais de faire évoluer cette tristesse vers la mémoire et, finalement, vers une forme d’espoir.
C’est ce qui fait de "Going Up (to see him)" une introduction particulièrement révélatrice à EQUINOX. Rice s’autorise à placer une partie de son histoire personnelle au centre de son travail tout en l’entourant d’une distribution musicale ambitieuse. Les contributions de Tim Will, Geoff Dugmore, Chris Webb et du Dublin African Gospel Choir donnent au morceau une ampleur qui accompagne son récit sans lui retirer son caractère intime.
Plus largement, le titre confirme une identité artistique fondée sur l’exploration plutôt que sur une formule unique. EQUINOX traverse la famille, la mémoire musicale, l’histoire et la perte. "Going Up (to see him)" démontre surtout que cette ambition gagne en force lorsqu’elle s’appuie sur une expérience profondément vécue.
Au final, "Going Up (to see him)" est une chanson sur la persistance du lien. Son point de départ est une absence irréparable, mais Rice refuse de laisser son récit s’arrêter à la tragédie. À travers une écriture intime et une instrumentation qui s’élargit jusqu’aux voix du Dublin African Gospel Choir, il transforme un deuil personnel en invitation à se souvenir, à reconnaître la douleur et peut-être à trouver du réconfort dans l’idée que l’amour ne disparaît pas simplement avec la présence physique. Comme première porte d’entrée vers EQUINOX, le morceau présente Garrett Anthony Rice comme un auteur-compositeur prêt à affronter des sujets difficiles avec sincérité, et donne à son ambitieux double album une entrée émotionnelle particulièrement forte.
Écrit par Ryann


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