“PELHAM PARKWAY” De Babyboii : un voyage intime dans le métro, entre vulnérabilité et douceur
- Ryann
- 12 août 2025
- 4 min de lecture

Le 13 juin 2025, l’artiste originaire de Houston Babyboii a dévoilé son dernier single, "Pelham Parkway", un titre qui se distingue immédiatement par son origine et sa conception. Enregistré non pas dans un studio lisse et contrôlé, mais au cœur des artères bourdonnantes du métro new-yorkais, le morceau capture une ambiance brute et vivante, impossible à reproduire entre quatre murs capitonnés. Ce choix singulier en dit long sur la vision artistique de Babyboii. Il ne s’agit pas simplement de faire de la musique, mais de plonger l’auditeur au cœur même du moment de création, avec ses échos, le grondement lointain des trains et la réverbération naturelle des tunnels. Cette immersion sonore s’accorde parfaitement aux thèmes de vulnérabilité, de réflexion et de résilience émotionnelle, donnant naissance à une œuvre à la fois intime et vaste.
"Pelham Parkway" s’inscrit dans une fusion douce entre pop contemporaine et R&B, puisant dans les textures vocales scintillantes et les arrangements aériens qui rappellent l’univers d’Ariana Grande — une influence que Babyboii revendique volontiers. Mais plutôt que d’imiter, il réinterprète cette inspiration à travers un prisme profondément personnel. La progression harmonique reste discrète mais riche, offrant un écrin soyeux dans lequel la voix de l’artiste se déploie avec fluidité. L’interprétation est posée, délicate, laissant aux paroles le temps de respirer et de s’imprimer dans l’esprit. L’instrumentation, minimaliste mais précise, repose sur des accords feutrés de piano électrique, des nappes synthétiques subtiles et une rythmique douce qui ne détourne jamais l’attention de la narration. Cet équilibre entre espace sonore et intimité lyrique illustre la maturité d’écriture de Babyboii, qui dépasse les simples effets de mode.
Le morceau est porté par un poids autobiographique tangible. Babyboii explore avec tendresse le territoire des relations passées, tout en livrant un témoignage franc sur ses luttes contre l’anxiété. Pas de métaphores grandiloquentes pour masquer la vérité : ses mots sont directs, sincères et profondément humains. Certaines phrases s’attardent dans la mémoire, oscillant entre lucidité et nostalgie, sans jamais tomber dans l’excès mélodramatique. Cette clarté émotionnelle rend la chanson universelle, que l’auditeur ait ou non arpenté les rues de "Pelham Parkway" ou ressenti les mêmes tourments. Le choix du métro dépasse ainsi l’anecdote de production : il devient une métaphore vivante du mouvement incessant de la vie, des rencontres éphémères et du bruit — à la fois concret et intérieur — qu’il faut apprendre à apprivoiser.
Dans l’atmosphère sonore, l’environnement choisi reflète intimement le cœur du propos. Le léger bourdonnement du métro qui accompagne la piste n’installe pas seulement un décor : il ajoute une sensation de passage, d’impermanence. On a l’impression que la chanson existe entre deux stations, dans cet espace suspendu où souvenirs et émotions s’attardent avant le prochain départ. Cette approche, qui assume les imperfections et intègre la texture du réel, est ici menée avec délicatesse. Babyboii laisse l’auditeur percevoir, par instants, l’écho lointain de la ville, l’intégrant harmonieusement au souffle du morceau. Loin d’être un bruit de fond, ces sons urbains deviennent un personnage secondaire — New York elle-même, respirant au rythme de l’artiste. Cette proximité spatiale rend l’expérience presque cinématographique, comme si l’on se trouvait assis en face de lui dans un wagon, observant ses pensées se déployer.
Babyboii se distingue par une maîtrise et une retenue remarquables. Pas de longues envolées ni de démonstrations inutiles : il transmet l’émotion par le timbre, les nuances et le rythme de ses phrases. Ce choix épouse parfaitement l’atmosphère méditative, presque onirique, du morceau. Son falsetto est tendre sans être fragile, et son registre grave apporte une assise douce à l’ensemble. Son chant a quelque chose de conversationnel — comme une confidence — qui instaure une relation de confiance avec l’auditeur. Le mixage maintient sa voix au premier plan, claire mais enveloppée de chaleur, renforçant la dimension intime de la chanson. C’est une interprétation qui sert le propos plutôt que l’ego, signe d’un artiste capable de se mettre au service de son œuvre.
Avec un album en préparation, "Pelham Parkway" s’impose comme un prélude réfléchi et prometteur à la suite du parcours de Babyboii. Ce single ne se contente pas de dire : « Me voici », mais plutôt : « Voilà où j’ai été, ce que j’ai ressenti, et voici où je vais. » L’alliance d’un enregistrement in situ, d’une écriture confessionnelle et de choix de production raffinés place Babyboii parmi les voix montantes de la pop et du R&B contemporain qui privilégient autant l’authenticité que l’esthétique. Le morceau est apaisant sans être fade, introspectif sans être pesant, et empreint d’âme sans chercher l’effet gratuit. Dans un univers musical souvent obsédé par le volume — sonore comme médiatique — Babyboii propose quelque chose de plus durable : une sincérité tranquille qui s’installe peu à peu, comme le souvenir d’une conversation que l’on ne cesse de rejouer dans sa tête. Si "Pelham Parkway" en est l’indice, le voyage qui attend cet artiste de Houston sera de ceux que l’on suit de près, station après station, chanson après chanson.
Ècrit par Ryann









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