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"RAGNARÖK IN BERLIN" Par Nordstahl

  • Ryann
  • 24 juil. 2025
  • 2 min de lecture

Avec "Ragnarök in Berlin," Nordstahl livre un album concept audacieux et sans concession, à la croisée de l’Industrial Metal et de la mythologie nordique, qui ne laisse aucune place au doute : l’apocalypse n’est pas à venir, elle est déjà là. Ce n’est pas un disque pour s’évader, mais un signal d’alarme. À travers sept titres intenses, le groupe transforme les figures mythologiques en métaphores tranchantes des failles contemporaines : lâcheté collective, relativisme moral, refus de l’action. Chaque morceau agit comme une loupe braquée sur une société en pleine décomposition spirituelle.


Nordstahl n’est pas un groupe qui cherche à plaire. C’est un projet artistique radical, né d’une frustration face à l’apathie ambiante et au confort intellectuel. Leur musique puise dans la tradition métallique allemande, en particulier dans les sonorités industrielles, mais va plus loin en y intégrant des éléments orchestraux et une narration symbolique forte. Là où d’autres groupes se contentent de choquer ou de faire du bruit, Nordstahl vise à déranger pour éveiller les consciences.


L’album s’ouvre avec “Midgards Schlaf” (Le sommeil de Midgard), une immersion dans l’inconscience collective, où percussions métalliques et atmosphères sombres dépeignent un monde qui choisit de dormir pendant que tout brûle. Le morceau suivant, “Ragnarök in Berlin,” est une déclaration puissante : Berlin devient le théâtre d’un effondrement intérieur, une ville noyée dans le vide de sens. Entre riffs tranchants et orchestrations apocalyptiques, Nordstahl fait fusionner mythe et réalité dans un tourbillon sonore glaçant.


“Bifröst brennt” (Bifröst brûle) apporte une touche plus mélodique et cinématographique, symbolisant la rupture entre les idéaux et la réalité. L’usage de cordes classiques accentue le contraste entre la beauté passée et la ruine présente. À l’inverse, “Mjölnir” est plus frontal, évoquant la force abandonnée, le courage inutilisé. Le marteau de Thor ne frappe plus – il gît, oublié, pendant que l’humanité choisit la facilité.


Le cœur philosophique de l’album se resserre avec “Jörmungands Kreis,” où le serpent qui se mord la queue devient l’image d’un monde piégé dans des cycles sans fin : débats stériles, indignations passagères, absence de changement réel. Le morceau, avec ses motifs répétitifs et ses boucles hypnotiques, recrée cette sensation d’étouffement. Puis vient “Lokis Lügen,” l’un des titres les plus corrosifs, qui dénonce le mensonge érigé en norme, et le relativisme moral comme fuite de responsabilité. Ici, Loki n’est pas un rebelle malin – c’est le visage du renoncement et de la lâcheté.



L’album se clôt sur “Friggs Falscher Trost” (Le faux réconfort de Frigg), morceau à la fois mélancolique et implacable. Une introduction au piano annonce un apaisement trompeur, vite balayé par une montée sonore brutale. Nordstahl y critique les illusions de réconfort spirituel qui empêchent d’affronter la vérité. Ce dernier titre agit comme une claque finale, refusant toute consolation facile, et laissant l’auditeur face à une seule question : que faisons-nous de notre pouvoir d’agir ?



En somme, "Ragnarök in Berlin" est bien plus qu’un simple album. C’est un acte artistique engagé, une œuvre qui allie puissance sonore et lucidité philosophique. Nordstahl y fait preuve d’un rare équilibre entre brutalité musicale et profondeur intellectuelle. Dans un monde saturé de distractions et de discours creux, ce projet se distingue comme un cri lucide et nécessaire, appelant chacun à sortir de sa torpeur.



Ècrit par Ryann

 
 
 

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