"RAINBOW SOUL" Par Chris Oledude
- Ryann
- il y a 11 heures
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Le dernier single original d’Oledude, "Rainbow Soul (Single Mix)", sorti le 30 décembre 2025, ne se présente pas simplement comme une chanson, mais comme une prise de position mûrement réfléchie. À une époque où le discours politique est souvent dépourvu d’empathie et de nuance, le morceau insiste pour placer l’humanité, l’inclusivité et l’amour au centre des valeurs fondamentales. Inspiré par les mouvements progressistes du passé, "Rainbow Soul" relie les époques en canalisant l’esprit des hymnes des droits civiques tout en conservant une sonorité résolument contemporaine. Sa rythmique imprégnée de funk apporte une sensation d’élan et d’élévation, transformant son message en quelque chose qui fait autant bouger le corps que la conscience. Plutôt que de prêcher de manière lourde, Oledude laisse le rythme, la mélodie et la chaleur émotionnelle accomplir l’essentiel du travail. La chanson est pensée comme une œuvre collective, invitant les auditeurs à se reconnaître comme membres d’un ensemble plus vaste, uni par un sens partagé de responsabilité et de bienveillance. De cette façon, "Rainbow Soul" agit à la fois comme un rappel et comme un appel à l’action : une affirmation que la musique enracinée dans la joie et la solidarité peut encore s’exprimer avec force sur les questions de politique et de justice sociale sans perdre son accessibilité.
Pour comprendre pleinement la profondeur du travail d’Oledude, il est essentiel de connaître le parcours de Chris Owens, l’artiste derrière ce nom. Né à Porto Rico et élevé dans une famille profondément créative, Chris a été très tôt immergé dans un large éventail de traditions musicales, allant de la musique classique et folk à la pop, au funk et aux chansons de protestation. Dans la famille Owens, la musique n’était pas un simple loisir : c’était un langage, une forme d’éducation et un moyen de créer du lien. Sa mère, la regrettée Ethel Werfel Owens, fut sa première professeure de musique, lui inculquant discipline et curiosité, tandis que son père, le regretté Major R. Owens — bibliothécaire devenu élu — incarnait un engagement envers le savoir, le service public et la responsabilité sociale. En grandissant en harmonie avec ses deux frères, Chris a développé non seulement des compétences musicales, mais aussi un profond sens de la collaboration et de l’écoute. Ces expériences fondatrices ont façonné sa vision de la musique comme indissociable de la recherche de vérité, du dialogue et de la communauté — une base qui continue de nourrir son travail aujourd’hui.
Dans les années 1980, la vie musicale de Chris Owens s’est déployée dans les espaces bruts et improvisés de New York. Il jouait dans la rue, se produisait dans des groupes de danse et collaborait avec son frère Geoffrey Owens, devenu plus tard largement connu pour sa carrière d’acteur. Cette période a abouti à la sortie de son album uniquement disponible en cassette, Anyone’s Revolution, en 1984, un projet imprégné de frustration face au climat politique de l’ère Reagan. La critique directe et l’urgence morale de l’album ont attiré l’attention de Pete Seeger, musicien folk légendaire et ami de la famille, qui a encouragé Chris à poursuivre l’écriture de chansons promouvant la paix, la justice et l’action collective. L’approbation de Seeger a inscrit Chris dans une lignée d’artistes pour qui la musique n’est pas une échappatoire, mais un outil d’engagement social. À cette époque, Chris a rejoint le People’s Music Network for Songs of Freedom and Struggle, s’alignant avec une communauté de musiciens engagés. Pourtant, malgré cet élan artistique prometteur, les trente-cinq années suivantes de sa vie furent davantage consacrées à l’activisme civique et politique qu’à la production culturelle, Chris choisissant d’agir directement au sein des mouvements plutôt que principalement par la chanson.
Des pertes personnelles déterminantes ont finalement servi de catalyseur au retour de
Chris vers la musique. La mort de son père l’a conduit à former un groupe avec ses frères et à se produire de nouveau, renouant avec les sons et les liens de sa jeunesse. Mais c’est la disparition de son épouse, Sandra Dixon, qui l’a véritablement poussé à réévaluer son parcours. Dans le deuil, il n’a pas trouvé le retrait, mais la clarté, ce qui l’a amené à réintégrer le monde musical avec une intention renouvelée. En 2020, il réapparaît sous le nom de Chris Oledude, un artiste renaissant à l’ère numérique tout en restant fermement ancré dans des genres « old school » tels que la pop, le funk et le R&B. Cette transformation n’était pas une réinvention gratuite, mais une continuité : faire avancer des décennies d’expériences vécues, d’activisme et de vérité émotionnelle dans une musique capable de répondre à l’urgence du présent. Depuis lors, le travail d’Oledude reflète constamment cette synthèse entre passé et présent, mêlant grooves classiques et paroles façonnées par la perte, la résilience et la conviction morale.
La résurgence d’Oledude a rapidement dépassé les cercles musicaux traditionnels, notamment grâce à ses projets visuels. Son hommage en chanson et vidéo George Floyd: Say Their Names, réalisé par Alyssa Dann, a trouvé un écho mondial, remportant plus de 150 distinctions dans des festivals de cinéma. Ce projet a démontré la capacité d’Oledude à transformer le deuil et l’indignation en une œuvre artistique favorisant la mémoire et la responsabilité collective. Il a poursuivi dans cette voie avec « Orange Blues 24 », enregistré à l’origine en 2020, un blues brûlant qui canalise la colère et l’urgence en une énergie musicale brute. Le clip en stop-motion de la chanson, méticuleusement conçu par Dann à partir de 2 000 photographies sur une année entière, a également remporté de nombreux prix, soulignant la dimension collaborative et multidisciplinaire de l’art d’Oledude. Sa sortie de 2025, No Crowns For Clowns, a encore affiné sa critique du climat politique, en l’accompagnant d’images fortes. Chacune de ces œuvres a renforcé la réputation d’Oledude comme artiste n’hésitant pas à affronter des vérités inconfortables tout en restant ancré dans des traditions musicales fondées sur le groove, la narration et l’honnêteté émotionnelle.
Avec la sortie de son premier album PREACHER MAN – VOL. 1, Oledude rassemble l’ensemble de ces éléments dans une œuvre cohérente et profondément marquante.
L’album traverse plusieurs décennies d’écriture, guidant l’auditeur des troubles et des injustices vers des visions de persévérance et d’espoir durable. "Rainbow Soul (Single Mix)" s’impose dans ce parcours comme une concentration de l’éthique d’Oledude : le rythme comme résistance, la joie comme acte politique et l’amour comme principe directeur. Tout au long de l’album, Oledude démontre que la musique engagée n’a pas besoin d’être austère ou dépourvue de plaisir ; elle peut être vibrante, funk et profondément humaine. Ses chansons rappellent que les luttes du présent sont indissociables de celles du passé, et que la musique demeure l’un des moyens les plus puissants de créer des liens entre les générations. Pour celles et ceux qui recherchent une bande-son capable de parler honnêtement à notre époque — sans renoncer au groove, à la chaleur ou à l’espoir — Oledude n’offre pas seulement des chansons, mais une invitation à écouter, réfléchir et avancer ensemble.
Écrit par Ryann









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