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Stephen Webber – "Here We Go" : remettre l’humain au centre, une guitare ukulélé à la main

  • Ryann
  • 16 août
  • 5 min de lecture

À propos de Stephen Webber

Stephen Webber est un compositeur récompensé par un Emmy, producteur nommé aux Grammy Awards, musicien, auteur et Professor Emeritus de Berklee College of Music. Après une carrière qui l'a conduit à travailler dans le hip-hop, le rock, la musique électronique, la country, le jazz et la musique classique, il développe aujourd'hui le projet Ukelately, une approche plus minimaliste construite autour du ukulélé, de mélodies accessibles et de commentaires sociaux teintés d'humour. Son parcours comprend notamment la création du programme Music Production, Technology and Innovation de Berklee, des collaborations avec de nombreux artistes internationaux et une importante activité de transmission auprès de la nouvelle génération de musiciens.




Avec "Here We Go", Stephen Webber transforme les habitudes héritées de la pandémie en une célébration aussi drôle qu’optimiste du retour aux interactions humaines. Prévu pour le 14 août 2026, ce nouveau single du projet Ukelately mélange folk acoustique, Americana, humour et énergie collective pour délivrer un message simple : il est temps de fermer les écrans, de sortir de chez soi et de retrouver les autres.


Le morceau part d’une idée particulièrement contemporaine : après avoir passé des années devant des écrans, à travailler, communiquer et même socialiser à distance, comment réapprendre à être véritablement présents les uns avec les autres ? Webber aborde cette question sans dramatiser. Au contraire, il choisit l'humour.


Le refrain autour de l'idée de « Put Your Pants On » donne immédiatement le ton. La plaisanterie évoque avec légèreté les habitudes du télétravail et les réunions Zoom, mais derrière cette image humoristique se cache une observation plus profonde sur notre rapport à la technologie. "Here We Go" ne condamne pas les écrans : il rappelle simplement qu'ils ne peuvent pas remplacer complètement l'expérience d'être ensemble.


Musicalement, le morceau possède une énergie communicative. Le ukulélé propulsif de Webber constitue le moteur de la composition, donnant au titre une base acoustique légère et immédiatement accessible. Mais l'arrangement va bien au-delà d'une simple chanson folk. Des solos de fiddle et de dobro viennent progressivement faire monter la température, transformant le morceau en véritable démonstration de virtuosité Americana.


Pour ces passages, Webber réunit deux anciens étudiants de Berklee : le violoniste Casey Driessen, nommé aux Grammy Awards, et le joueur de dobro Andy Hall, lauréat d'un Grammy avec les Infamous Stringdusters. Leur échange instrumental apporte une dimension presque spectaculaire au morceau, avec des interventions rapides qui donnent l'impression que la chanson avance à toute vitesse.


À la batterie, Caleb Gilbreth maintient une pulsation énergique qui permet au morceau de conserver son côté dansant tout en restant profondément acoustique. C'est justement cette combinaison qui constitue l'une des réussites de "Here We Go" : le titre possède la chaleur d'un ensemble de musique roots tout en développant une énergie suffisamment forte pour donner envie de bouger.



La présence de Zahara (Annette Philip) apporte une autre couleur au morceau. Connue notamment comme fondatrice du Berklee Indian Ensemble et collaboratrice de longue date de Webber, la chanteuse intervient avec une performance vocale particulièrement expressive. Son improvisation finale élargit le morceau et lui donne une dimension presque gospel, renforçant l'idée de célébration collective.


Cette conclusion est importante parce qu'elle fait passer "Here We Go" d'une simple chanson humoristique à quelque chose de plus universel. Après avoir plaisanté sur le télétravail et la fatigue numérique, Webber revient finalement à une idée beaucoup plus essentielle : nous avons besoin les uns des autres.


Le morceau porte ainsi un message d'inclusion qui refuse de limiter son appel à une catégorie particulière de personnes. Son invitation à prendre soin les uns des autres et à retrouver une forme de solidarité inclut explicitement toutes les identités. Cette ouverture correspond parfaitement à l'esprit général du projet Ukelately, où l'humour et l'observation sociale servent de point de départ à des messages plus humains.


Le clip renforce cette philosophie. Tourné dans les rues de San Francisco, il transforme la ville en immense terrain de jeu chorégraphique. Dix danseurs de la région de la baie participent à une mise en scène conçue par Amit Patel et Ishika Seth de l'Ishami Dance Company. La réalisation visuelle bénéficie également du travail de la cinéaste spécialisée dans la danse Honna Afzal, dont les mouvements de caméra donnent aux performances une véritable dimension cinématographique.


Le choix de la danse est particulièrement pertinent. Là où les écrans nous maintiennent souvent immobiles devant un appareil, le clip remet littéralement les corps en mouvement dans l'espace public. Les danseurs occupent les rues, interagissent avec leur environnement et transforment San Francisco en une célébration de la présence physique.

Cette opposition entre immobilité numérique et mouvement humain traverse donc à la fois la chanson et son clip. C'est une idée simple, mais particulièrement efficace.


Derrière l'apparente légèreté de "Here We Go", on retrouve également la personnalité artistique de Stephen Webber. Son parcours est pour le moins atypique. Compositeur récompensé par un Emmy, producteur nommé aux Grammy Awards, musicien, auteur et ancien professeur émérite de Berklee, Webber possède une carrière qui traverse de nombreux territoires musicaux.


Il a notamment travaillé avec des artistes issus du hip-hop, du rock, du jazz, de la country et de la musique électronique, tout en développant une importante carrière dans l'éducation musicale. Il a fondé le programme de Music Production, Technology and Innovation de Berklee à Valence et a contribué à former des milliers de musiciens et producteurs.

Son intérêt pour les technologies musicales remonte également à ses travaux sur le turntablism. Webber a composé le Stylus Symphony, œuvre qui associe orchestre classique et hip-hop, trip-hop et dubstep, et a écrit Turntable Technique: The Art of the DJ, ouvrage consacré à l'utilisation de la platine comme véritable instrument musical.


Cette histoire rend le message de "Here We Go" encore plus intéressant. Webber est lui-même profondément connecté à la technologie et à l'innovation musicale, mais il utilise ici son expérience pour rappeler que la technologie doit rester un outil, et non devenir un substitut à l'expérience humaine.



Le projet Ukelately représente d'ailleurs une évolution intéressante de son travail. Après des productions beaucoup plus ambitieuses et complexes, Webber adopte ici une approche minimaliste construite autour de quatre cordes, de mélodies mémorables et d'un humour assumé. Cette simplicité apparente cache pourtant une grande maîtrise de l'arrangement et de la production.


"Here We Go" trouve ainsi son équilibre entre humour, virtuosité et message social. Le morceau ne cherche jamais à transformer son propos en discours moralisateur. Il préfère faire sourire, donner envie de chanter et laisser son message s'installer naturellement.

C'est probablement ce qui rend le titre aussi accessible. Même sans partager toutes les expériences évoquées dans la chanson, chacun peut reconnaître cette sensation d'avoir passé trop de temps devant un écran ou de ressentir le besoin de retrouver une connexion plus directe avec les autres.


Au final, "Here We Go" est une chanson joyeuse qui parle d'un sujet étonnamment sérieux : notre besoin de présence humaine. Stephen Webber réussit à transformer les absurdités de notre quotidien post-pandémique en un morceau acoustique entraînant, généreux et profondément optimiste.


Avec son ukulélé énergique, ses impressionnants échanges de fiddle et de dobro, la batterie dynamique de Caleb Gilbreth et la performance finale de Zahara, le titre possède suffisamment de personnalité musicale pour fonctionner indépendamment de son message. Mais c'est justement la combinaison des deux qui lui donne sa force.

"Here We Go" ne prétend pas réparer le monde. Il propose quelque chose de beaucoup plus simple : remettre son pantalon, fermer son ordinateur, sortir, chanter avec les autres et profiter du fait d'être ensemble. Et parfois, c'est déjà un très bon début.



Écrit par Ryann

 
 
 

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