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The Symphonina Foundation, Symphonina Stories: "New Horizons" : huit visions pour réinventer l’expérience symphonique

  • Ryann
  • il y a 11 minutes
  • 7 min de lecture

À propos de The Symphonina Foundation

The Symphonina Foundation est une organisation dédiée à la promotion de la musique symphonique auprès des jeunes publics. Sa mission consiste notamment à créer des opportunités pour les jeunes afin qu'ils puissent découvrir, interpréter, composer et apprendre la musique symphonique. Son concept de « Symphonina » repose sur une petite symphonie mélodique complète d'environ dix minutes, divisée en trois ou quatre mouvements de durée comparable à celle des morceaux contemporains diffusés en streaming. Avec Symphonina Stories: New Horizons, la Fondation réunit huit compositeurs et huit œuvres dans un double album enregistré avec plusieurs formations orchestrales internationales. Le résultat défend une vision contemporaine de la musique classique : accessible dans son format, ambitieuse dans son écriture et ouverte à une nouvelle génération d'auditeurs.




La musique symphonique porte souvent avec elle une impression de grandeur, de distance et parfois même d’intimidation. Elle demande du temps, de l’attention et une certaine familiarité avec ses codes. Avec "Symphonina Stories: New Horizons", The Symphonina Foundation propose pourtant une autre porte d’entrée. L’album ne cherche pas à réduire la musique orchestrale, mais à repenser son format pour la rapprocher des habitudes d’écoute contemporaines. Réparti en huit Symphoninas et 26 mouvements, ce double album transforme chaque œuvre en une petite aventure musicale complète, capable de se développer en quelques minutes tout en conservant l’ambition narrative et mélodique de la forme symphonique.


Le concept même de Symphonina constitue le cœur de cette démarche. Selon la Fondation, une Symphonina est une petite symphonie mélodique complète d’environ dix minutes, organisée en trois ou quatre mouvements dont la durée correspond approximativement à celle d’un morceau que l’on pourrait retrouver sur les plateformes de streaming. L’idée est simple mais particulièrement pertinente : rendre l’expérience symphonique plus accessible aux nouvelles générations sans abandonner la richesse de l’écriture orchestrale. New Horizons devient ainsi moins une succession de morceaux qu'une collection de huit univers, chacun possédant sa propre personnalité, son propre récit et sa propre manière d'aborder le contemporain classique.


Le premier voyage est celui de Christopher Siu avec Symphonina No. 1 (Hope). Composée de trois mouvements, l'œuvre ouvre l'album avec un titre qui annonce immédiatement une dimension humaine : celle de l'espoir. Siu n'est pas ici présenté simplement comme l'un des huit compositeurs de la collection, mais comme le lauréat du concours Best Symphonina of the Year 2025. Son œuvre a été enregistrée par le Budapest Scoring Orchestra, donnant à cette première étape une place naturellement importante dans l'architecture de l'album.

Vient ensuite Jordan Jinosko avec Symphonina No. 3 (Of Fire and Water). Ses trois mouvements — « Gold », « Fire » et « Spirit » — donnent à la composition une structure particulièrement évocatrice. Même sans chercher à imposer une interprétation précise à la musique, ces trois titres dessinent déjà une trajectoire : matière, énergie, puis dimension intérieure. Le passage de « Gold » à « Fire », avant d'aboutir à « Spirit », suggère une œuvre pensée comme une transformation. Jinosko, arrivé deuxième du concours 2025, partage avec Siu le privilège d'ouvrir le premier volet du projet avec une composition enregistrée par le Budapest Scoring Orchestra.


Avec Alexander Unseth, Painted City change encore de perspective. Ses quatre mouvements — « L'temps: Un Cirque », « Church Mosaic », « A Bluebird's Dream » et « New York Halloween » — donnent à la Symphonina une dimension presque cinématographique dans sa construction narrative. Les images convoquées sont volontairement différentes : le cirque, le religieux, le rêve et l'imaginaire urbain. La composition semble ainsi pensée comme une galerie de scènes, quatre portes ouvertes sur des atmosphères distinctes au sein d'une même œuvre. Elle est interprétée par l'International Symphonina Orchestra, ce qui participe également à l'identité internationale du projet.


Chris Prather poursuit cette diversité avec Tales from Spooky Town. Ici, l'imaginaire devient plus ludique et fantastique. Les quatre mouvements — « Carriage Ride to Spooky Town », « A Skeleton's Broken Heart », « Dance of the Pumpkins » et « Even Ghosts, Ghouls, and Goblins Sleep » — dessinent presque les chapitres d'un conte musical. Le titre de chaque mouvement contribue à rendre la Symphonina immédiatement identifiable, même pour un auditeur qui n'est pas habitué au vocabulaire de la musique classique. On retrouve là l'une des forces du format imaginé par la Fondation : permettre à une œuvre orchestrale de raconter quelque chose de concret, de visuel ou d'émotionnel en quelques minutes.


Le deuxième volet du double album commence avec David Arkenstone et Symphonina No. 1 (Dreams Carried on Fire). C'est l'une des œuvres les plus marquantes du projet par son sujet : une réflexion musicale inspirée par la fascination du compositeur pour le programme spatial et par les aspirations humaines liées à l'exploration de l'espace. La Symphonina a été enregistrée à Budapest avec le Budapest Scoring Orchestra et orchestrée par Jeremy Borum.


Le titre Dreams Carried on Fire résume à lui seul cette rencontre entre rêve et mouvement. Le feu évoque les fusées et leur puissance, tandis que le rêve renvoie à ce désir humain de dépasser les limites connues. L'œuvre possède donc une dimension qui dépasse la simple illustration spatiale : elle rejoint une idée plus universelle, celle de la curiosité humaine et de la volonté d'aller plus loin. Cette Symphonina a d'ailleurs remporté le Hollywood Independent Music Award dans la catégorie Contemporary Classical, tandis que deux autres œuvres de l'album, celles de Christopher Siu et David Das, étaient également nommées dans cette catégorie.



David Das apporte ensuite une autre forme de voyage avec Lenny and George Walk Into a Bar. Ses trois mouvements — « Tin Pan Alley », « Nadia » et « Tanglewood » — s'inscrivent dans un hommage à Leonard Bernstein et George Gershwin. Là encore, les titres donnent à l'œuvre une identité narrative et culturelle particulière. Le compositeur interprète lui-même son œuvre à la direction, avec le Budapest Scoring Orchestra, faisant de cette Symphonina une rencontre entre hommage, héritage musical et expression contemporaine.


David Fogel prend ensuite le relais avec Flutissimo, une Symphonina en trois mouvements interprétée par l'International Symphonina Orchestra. L'œuvre bénéficie notamment de la présence de la flûtiste Ragan Whiteside et du harpiste Alexander Boldachev. Ces deux instruments annoncés dans la formation apportent une couleur particulière à cette étape du disque et illustrent une nouvelle fois la volonté du projet de créer des identités musicales différentes d'une Symphonina à l'autre.


Enfin, Runaway Dream Days de Daniel Fisher clôt l'ensemble. Cette Symphonina en trois mouvements est interprétée par le London Philharmonic Orchestra et le London Symphony Orchestra, avec Paul Bateman et Jan Mulder au piano. Le choix de réunir deux orchestres londoniens de premier plan pour cette conclusion donne à la dernière œuvre une dimension particulièrement ambitieuse dans la construction du projet.


L'une des caractéristiques les plus intéressantes de "Symphonina Stories: New Horizons" réside toutefois dans sa manière de penser la production orchestrale. Le projet rassemble plusieurs formations et plusieurs environnements d'enregistrement : Budapest Scoring Orchestra, International Symphonina Orchestra, London Philharmonic Orchestra et London Symphony Orchestra. Certaines parties ont été enregistrées dans différents pays avant d'être réunies et mixées, tandis que les sessions internationales ont permis à des musiciens de participer depuis leurs propres pays.


Cette dimension internationale correspond parfaitement au titre "New Horizons". L'album ne parle pas uniquement de nouveaux horizons dans son contenu artistique ; il en explore également les possibilités dans sa manière de produire et de réunir les musiciens. La musique symphonique, traditionnellement associée à une salle, un orchestre et un lieu précis, devient ici capable de voyager à travers les frontières et les technologies.

Cette approche donne aussi au projet une cohérence particulière malgré la diversité de ses huit compositions. Les œuvres ne cherchent pas à sonner identiques. Au contraire, leur différence est l'un des principaux arguments de l'album. Siu et Jinosko arrivent avec l'énergie de la nouvelle génération issue du concours de la Fondation, tandis qu'Unseth, Prather, Arkenstone, Das, Fogel et Fisher apportent leurs propres sensibilités et expériences. La collection fonctionne précisément parce qu'elle accepte cette pluralité.


C'est finalement là que "Symphonina Stories: New Horizons" trouve sa véritable raison d'être. La Fondation ne semble pas vouloir demander au public de changer ses habitudes avant de pouvoir apprécier la musique symphonique. Elle fait le mouvement inverse : elle adapte la forme symphonique à certaines habitudes d'écoute modernes.

Un mouvement de deux, trois ou quatre minutes peut être écouté seul. Mais lorsqu'on les replace dans leur Symphonina respective, ces mouvements retrouvent une fonction plus large. Ils deviennent les chapitres d'une œuvre complète. C'est une idée particulièrement intéressante à l'époque du streaming, où l'attention musicale peut passer rapidement d'un titre à l'autre. La Symphonina permet de conserver l'immédiateté d'un morceau court tout en maintenant l'ambition narrative d'une œuvre orchestrale.


Le catalogue de New Horizons le démontre clairement. Hope propose une réflexion autour d'un sentiment universel. Of Fire and Water joue sur des images élémentaires et symboliques. Painted City construit une succession de tableaux. Tales from Spooky Town adopte l'imaginaire du conte. Dreams Carried on Fire regarde vers l'espace et l'avenir. Lenny and George Walk Into a Bar dialogue avec l'histoire musicale américaine. Flutissimo met en avant une identité instrumentale particulière. Et Runaway Dream Days termine le parcours avec une nouvelle perspective orchestrale.

Ce sont des portes d'entrée différentes vers la même ambition : faire vivre la musique symphonique au-delà de son public traditionnel.



"Symphonina Stories: New Horizons" est donc plus qu'un album de musique classique contemporaine. C'est aussi une proposition sur la manière dont la musique orchestrale peut évoluer sans perdre ce qui fait sa force. La Fondation affirme vouloir donner aux jeunes générations davantage d'occasions d'apprécier, de jouer, de composer et d'apprendre la musique symphonique, avec une mission clairement tournée vers la diffusion de cette musique auprès de nouveaux publics.


Ce qui rend le projet particulièrement convaincant sur le plan éditorial, c'est son refus de choisir entre accessibilité et ambition. Les huit Symphoninas ne sont pas présentées comme une simplification de la symphonie, mais comme une nouvelle manière de l'organiser. Les mouvements courts rendent l'écoute plus immédiate, tandis que leur réunion en œuvres complètes conserve une dimension de voyage musical.


Avec ses 26 mouvements, ses huit compositeurs et ses quatre formations orchestrales, "Symphonina Stories: New Horizons" ressemble finalement à une carte musicale plutôt qu'à un simple album. Chaque Symphonina ouvre une direction différente, mais toutes participent au même projet : faire sortir la musique symphonique de ses habitudes traditionnelles et lui offrir de nouveaux espaces de rencontre. La reconnaissance reçue aux Hollywood Independent Music Awards — notamment la victoire de "Dreams Carried on Fire" et les nominations de plusieurs œuvres du même album — vient renforcer la pertinence de cette démarche.


Dans un paysage musical où la durée, le format et les habitudes d'écoute évoluent constamment, The Symphonina Foundation propose avec "New Horizons" une idée simple mais ambitieuse : la musique symphonique n'a pas besoin de devenir moins riche pour devenir plus accessible. Elle peut simplement trouver une nouvelle forme. Et à travers huit histoires, 26 mouvements et une constellation de compositeurs et de musiciens venus de différents horizons, "Symphonina Stories: New Horizons" donne précisément à cette idée une dimension musicale.



Écrit par Ryann

 
 
 

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