SONIC PULSES – "HANDS UP" : transformer le deuil en une œuvre électronique de mémoire et de résilience

Avec "HANDS UP", paru le 20 octobre 2026, SONIC PULSES livre un album profondément personnel, façonné par la douleur de la perte, le besoin de guérison et la volonté de préserver un lien avec une personne disparue. Dédié à sa sœur, Shirel Sara Golan, décédée lors des événements de Nova, ce projet dépasse le cadre d’une simple production électronique. Il devient un hommage intime, une manière de donner une forme sonore à l’absence et de faire vivre un souvenir à travers la musique. Le choix de publier l’album à la date de ce qui aurait été l’anniversaire de Shirel renforce encore sa portée émotionnelle, faisant de cette sortie un mémorial durable construit à travers douze mois de travail créatif et de confrontation personnelle au deuil.
Originaire de Tel-Aviv, SONIC PULSES s’est forgé une identité artistique au fil de quinze années passées dans l’univers nocturne de la ville. Cette longue immersion dans la scène électronique a nourri une sensibilité musicale tournée vers les rythmes entraînants, les textures synthétiques et les atmosphères immersives. Pourtant, "HANDS UP" prend forme dans un contexte radicalement différent. Après des années d’activité dans le milieu musical, l’artiste s’est retiré pendant un an pour se consacrer entièrement à la création, transformant son studio en un espace de travail, d’introspection et de reconstruction. Ce choix d’isolement a permis de canaliser des émotions complexes dans plusieurs projets, avec cet album au cœur d’une démarche où la musique devient à la fois un refuge et un moyen d’expression.
Sur le plan musical, "HANDS UP" repose sur une rencontre entre la mélancolie des textes et l’énergie physique des productions électroniques. Les lignes de basse groovy apportent une impulsion rythmique qui contraste avec la gravité des émotions exprimées, tandis que les harmonies riches, les arpèges et les guitares contribuent à créer des compositions traversées par une tension dynamique. Cette opposition entre mouvement et tristesse constitue l’un des aspects les plus intéressants de l’identité du disque. La musique peut inviter le corps à suivre le rythme tout en laissant émerger des sentiments plus douloureux. Plutôt que de séparer la dimension dansante de l’expression émotionnelle, SONIC PULSES les fait coexister, explorant la possibilité de trouver une forme de libération au sein même de la vulnérabilité. Les cinq titres communiqués, « Where Can I Find », « I'm Trying », « I've Been Wating », « Run (For Your Life) » et « Just a Dream », s'inscrivent dans cet ensemble personnel, dont les intitulés évoquent déjà la recherche, l'effort, la fuite et la frontière incertaine entre le rêve et la réalité.
Cette approche s’inscrit dans un univers musical qui emprunte autant à la house qu’à la techno et à la trance. Parmi les influences revendiquées par l’artiste figurent The Chemical Brothers, Daft Punk, Jan Blomqvist et Marsh, des références qui témoignent d’un intérêt pour différentes façons de construire une expérience électronique immersive. De l’énergie rythmique aux atmosphères plus contemplatives, ces sensibilités contribuent à éclairer les orientations artistiques de SONIC PULSES. Toutefois, l’identité de "HANDS UP" repose surtout sur la manière dont ces éléments sont mis au service d’une histoire personnelle. Les rythmes et les textures ne sont pas simplement des outils destinés à produire une ambiance : ils accompagnent une exploration de la perte, du manque et du désir de maintenir une connexion au-delà de l’absence physique.
« Where Can I Find », avec ses 7 minutes et 9 secondes, occupe une place particulièrement significative dans le projet. Présenté comme un appel désespéré adressé aux cieux, le morceau exprime la recherche d’un lien avec une personne qui n’est plus là. Sa signification s’inscrit au centre de l’album, où le besoin de réponses se mêle à la difficulté d’accepter une séparation définitive. La question suggérée par son titre possède une portée universelle : comment retrouver quelqu’un dont la présence a profondément marqué notre existence ? Comment continuer à avancer lorsque les mots ne suffisent plus à exprimer ce qui a été perdu ? Dans le contexte de cet hommage à Shirel, cette interrogation acquiert une résonance particulière. Elle transforme une expérience intime en une émotion dans laquelle d’autres auditeurs peuvent reconnaître leurs propres souvenirs, leurs regrets et leur désir de préserver les liens qui comptent.
Les autres titres prolongent cette lecture émotionnelle, sans que leurs intitulés suffisent à déterminer précisément leur contenu musical. « I'm Trying », qui dure 7 minutes et 43 secondes, suggère l'effort nécessaire pour continuer malgré les difficultés, une idée qui entre en résonance avec le parcours de reconstruction décrit par l'artiste. « I've Been Wating », d'une durée de 6 minutes et 5 secondes, évoque quant à lui l'attente et la persistance du désir, tandis que « Run (For Your Life) », long de 7 minutes et 19 secondes, introduit une notion d'urgence et de mouvement. Enfin, « Just a Dream » ouvre une autre piste d'interprétation, celle du rêve, du souvenir et de ce qui semble parfois inaccessible. Ensemble, ces titres donnent à l'album une dimension narrative potentielle, entre recherche de réponses, lutte intérieure et besoin d'échapper à la douleur. Ils forment un aperçu de la diversité des émotions que le projet peut évoquer, tout en laissant à chaque auditeur la liberté d'y projeter sa propre expérience.
La dimension vocale joue également un rôle important dans la réalisation de "HANDS UP". Les chanteuses Juliata Cohen, Yam Gronic et Myia May participent au projet, apportant leurs voix à un univers construit autour de l'équilibre entre intensité électronique et sensibilité mélodique. Leurs contributions s'inscrivent dans une production où les harmonies et les éléments instrumentaux contribuent à enrichir l'expression émotionnelle. L'album a été enregistré principalement dans le studio professionnel à domicile de SONIC PULSES, avant d'être confié au travail de mixage et de mastering de Zohar Bartov, ingénieur du son dont les crédits comprennent notamment Drake et Infected Mushroom. Cette collaboration apporte un cadre professionnel à un projet dont la force première demeure néanmoins la sincérité de sa démarche et le poids personnel de son histoire.
L’un des aspects les plus révélateurs de "HANDS UP" réside dans la manière dont cette musique a déjà trouvé sa place en dehors du studio. Selon l’artiste, l’album a notamment été présenté lors du mariage d’un ami, où il a suscité une réaction particulièrement enthousiaste. Ce moment offre un contraste saisissant avec les circonstances douloureuses qui ont inspiré le disque. Une œuvre née du deuil et de l’introspection a ainsi pu provoquer une réponse collective, réunissant les auditeurs dans une expérience partagée. Ce passage de l’intime au collectif illustre une capacité singulière de la musique électronique : elle peut être à la fois un espace de confrontation avec les émotions et un lieu de rassemblement. Même lorsque son origine est profondément personnelle, elle peut dépasser l’histoire de son créateur et acquérir une signification nouvelle auprès de ceux qui l’écoutent.
Le parcours de SONIC PULSES est également marqué par une volonté de reconstruction. L’artiste évoque son combat contre l’addiction et le trouble de stress post-traumatique complexe (C-PTSD), ainsi que le travail nécessaire pour retrouver un équilibre et poursuivre son chemin créatif. Ces éléments donnent un contexte supplémentaire à l’intensité de l’album, sans réduire sa musique à un simple récit de souffrance. "HANDS UP" témoigne aussi d'une détermination à continuer de créer, à transformer une expérience douloureuse en une œuvre concrète et à trouver dans le processus artistique une possibilité de survie émotionnelle. Le projet prend ainsi place à la croisée de deux mouvements : regarder en face ce qui a été perdu et chercher malgré tout une voie vers l'avenir.
Avec trois sorties majeures au cours de la même année et d’autres projets annoncés, SONIC PULSES manifeste une activité créative soutenue. Cette productivité s’inscrit dans un parcours où la musique occupe une place centrale, non seulement comme profession, mais aussi comme moyen de donner un sens à des expériences difficiles. "HANDS UP" se distingue toutefois par la nature particulière de son intention. En dédiant cet album à sa sœur et en le publiant le jour où elle aurait célébré son anniversaire, l’artiste inscrit son souvenir dans une œuvre appelée à continuer d’exister bien au-delà de cette date. Chaque écoute peut ainsi devenir une occasion de faire vivre cette mémoire, tout en laissant la musique parler à d’autres personnes confrontées à la perte ou à la recherche d’un apaisement.
Au terme de cette démarche, "HANDS UP" apparaît comme un projet où la puissance du rythme rencontre la fragilité de l’émotion humaine. SONIC PULSES y associe les fondations de la musique électronique à une histoire profondément personnelle, créant un espace dans lequel la danse et le deuil ne s’excluent pas, mais coexistent. L’album ne peut effacer l’absence qu’il évoque, pas plus qu’il ne prétend apporter des réponses définitives aux questions qu’elle soulève. Sa portée réside plutôt dans sa capacité à transformer le souvenir en création et la douleur en une forme d’expression durable. En hommage à Shirel Sara Golan, "HANDS UP" devient ainsi bien plus qu’une étape dans la discographie de SONIC PULSES : c’est un geste de mémoire, une déclaration d’amour et un témoignage de résilience qui cherche, à travers la musique, à maintenir vivant un lien essentiel.
Écrit par Ryann



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