top of page

The New Citizen Kane, "INTERTWINE" : quand l’instinct devance la raison

Ryann
il y a 9 heures
4 min de lecture


Avec "INTERTWINE", The New Citizen Kane explore cet instant particulier où une rencontre commence à dépasser le simple hasard. Le morceau s’intéresse à l’électricité d’une possibilité, à cette curiosité presque instinctive qui apparaît lorsque deux personnes commencent à graviter l’une autour de l’autre. Entre flirt, invitation et attraction magnétique, "INTERTWINE" cherche moins à raconter une histoire d’amour déjà définie qu’à capturer le moment où quelque chose commence à se former — avant même que la raison ait eu le temps de comprendre ce qui se passe.


Le concept du morceau repose sur une tension particulièrement humaine : faut-il toujours attendre que la logique confirme ce que l’instinct semble déjà savoir ? The New Citizen Kane pose cette question à travers une chanson construite autour de la chimie, de la curiosité et de cette sensation difficile à expliquer qui peut apparaître entre deux personnes. L’idée est séduisante parce qu’elle laisse volontairement la relation dans cet espace incertain où rien n’est encore complètement décidé. Il ne s’agit pas encore de savoir où la connexion mènera, mais de reconnaître qu’elle existe.


Cette notion de connexion prend une dimension supplémentaire dans le message porté par le titre. "INTERTWINE" invite à prendre de la distance avec le monde numérique pour retrouver une recherche de lien dans le réel. Dans une époque où les interactions peuvent facilement passer par des écrans, des profils et des échanges dématérialisés, le morceau défend une forme de reconnexion plus instinctive et physique. Il ne condamne pas nécessairement le numérique ; il propose plutôt de ne pas oublier ce qui se produit lorsque deux personnes se retrouvent réellement dans le même espace, avec tout ce que cela implique d’incertitude, de regard, de présence et d’attirance.


Cette approche correspond parfaitement à l’univers artistique de The New Citizen Kane, qui construit sa musique comme un véritable travail de world-building. Artiste indépendant issu du théâtre et d’une pratique artistique multidisciplinaire, Kane ne considère pas nécessairement ses projets comme de simples collections de chansons. Son univers associe musique, images et performance afin de créer des récits plus vastes. Son langage s’appuie notamment sur la synth-pop, les textures électroniques et une forme de narration cinématographique, avec un intérêt constant pour les contradictions qui traversent l’expérience humaine : désir et retenue, chaos et contrôle, connexion et isolement.



"INTERTWINE" trouve naturellement sa place dans cette philosophie. Là où le concept pourrait être réduit à une simple chanson de séduction, Kane semble chercher quelque chose de plus large : comprendre pourquoi certaines connexions nous attirent avant même que nous ayons pu les rationaliser. Le flirt devient alors une forme d'exploration. La curiosité devient un moteur. Et l'attraction n'est plus seulement une émotion romantique, mais une manifestation de cet instinct qui pousse les êtres humains les uns vers les autres.


Le morceau s’inscrit également dans une nouvelle phase plus affirmée du projet. Après It's Not Science... It's A Feeling, The Tales of Morpheus et Psychedelika Pt.1, The New Citizen Kane poursuit son évolution avec Psychedelika Pt.2. Si les projets précédents ont permis de développer différents territoires émotionnels et imaginaires, cette nouvelle étape est présentée comme plus confrontante, plus sûre d’elle et plus directe. Les thèmes s’élargissent autour de l’instinct, des systèmes, de l’intimité et de la survie, tandis que l’artiste continue de préciser ce qu’il appelle son propre langage de « rhythm & synth » : une musique dans laquelle le mouvement physique et l’intelligence émotionnelle sont étroitement liés.


Le contraste avec « Metallic », présenté comme le lead single de cette nouvelle ère, est également révélateur de cette évolution. Là où « Metallic » introduit une énergie nocturne et hypnotique autour de l’abandon au sentiment et de la prise de contrôle par l’instinct, "INTERTWINE" semble déplacer cette même idée vers la rencontre elle-même. Dans les deux cas, le corps et l’instinct occupent une place importante. Mais avec "INTERTWINE", cette impulsion devient relationnelle : elle naît dans l’espace entre deux personnes et dans

cette possibilité encore fragile qu’une connexion puisse devenir quelque chose de plus.



L’identité visuelle et narrative du projet reste également essentielle à sa compréhension. The New Citizen Kane fonctionne indépendamment des cadres traditionnels de l’industrie musicale et développe une relation directe avec son public à travers des albums visuels, des campagnes conceptuelles et un écosystème numérique en expansion. Ce qui avait commencé comme un personnage construit a progressivement évolué vers une expression plus personnelle. La vulnérabilité, l’honnêteté et la liberté créative sont désormais présentées comme des outils essentiels de cette démarche. Cette évolution donne à "INTERTWINE" une dimension supplémentaire : derrière le concept de connexion se trouve aussi une volonté de créer un lien plus authentique entre l’artiste, son univers et ceux qui le découvrent.


Avec "INTERTWINE", The New Citizen Kane transforme donc une rencontre potentielle en matière artistique. Le morceau s’intéresse à cet instant où l’on ne possède encore aucune certitude, mais où quelque chose semble déjà avoir commencé. Entre séduction, curiosité et instinct, il rappelle que certaines connexions échappent peut-être à la logique précisément parce qu’elles appartiennent à une partie plus intuitive de l’expérience humaine. En l’inscrivant dans l’univers plus vaste de Psychedelika Pt.2, Kane continue de développer une pop électronique pensée comme un espace narratif et sensoriel. "INTERTWINE" devient alors plus qu’une invitation au flirt : une invitation à quitter momentanément les écrans, à regarder autour de soi et à se demander ce qui pourrait arriver si l’on faisait davantage confiance à ce que l’on ressent.



Écrit par Ryann

 
 
 

Commentaires


bottom of page